Relation cabinet- laboratoire
en prothèse dentaire
Le succès d’une restauration prothétique quelle soit amovible (complète ou partielle), fixée ou implantaire repose sur la qualité de l’analyse préprothétique, sur l’établissement d’un diagnostic précis, sur la construction d’un plan de traitement structuré et sur une démarche méthodique et raisonnée. Les séquences du traitement doivent être maîtrisées dans le seul but d’optimiser le résultat final et donc la pérennité de la prothèse.
Il est évident qu’en prothèse, les diverses phases de l’élaboration prothétique vont mettre en relation étroite praticien- prothésiste dentaire.
Cette relation dépend d’une part du type de la prothèse indiquée et d’autre part du nombre de laboratoires devant intervenir dans sa réalisation.
C’est le médecin dentiste qui a l’entière responsabilité de la conception prothétique et le résultat ne peut être satisfaisant que s’il définit clairement les modalités de réalisation. Une concertation avec le technicien de laboratoire permet de dégager des directives générales.
Par la suite les modèles et la fiche de liaison constituent les principaux vecteurs d’information pour chaque cas traité. Les photographies intrabuccales, les photos face et de profil, les diapositives et les images numérisées peuvent servir de compléments judicieux de communication.
Quel que soit le cas clinique, certaines modalités sont immuables, elles doivent faire l’objet d’un accort entre les deux intervenants du couple praticien- prothésiste.
Présentation des modèles
Les modèles en plâtre sont le support de travail de laboratoire. Trois séries peuvent être utilisées :
Les modèles d’étude
Ils constituent d’une part un complément important de l’examen clinique
et d’autre part un référentiel morphologique précieux à conserver en cas de
restaurations antérieures étendues.
Les modèles issus des empreintes
des prothèses provisoires
La prothèse transitoire nécessite de nombreux réglages fonctionnels et esthétiques afin d’être totalement acceptée par le patient. Il est impératif de transmettre ce travail clinique morphologique au laboratoire par l’intermédiaire d’un jeu de modèles en plâtre.
Les modèles de travail
Coulés en plâtre dur, ils reflètent la qualité de l’empreinte. Ils doivent présenter tous les éléments anatomiques en rapport avec la prothèse.
La préparation d’une double base engrainée offre l’avantage de répandre à toutes les manipulations sur articulateur, de disposer de modèles libérés de leur base pour analyse au paralléliseur et de favoriser les manipulations au laboratoire.
Les bases des modèles sont généralement réalisées sans mesure précise, empiriquement par rapport au plan occlusal de l’arcade, elles ne peuvent pas être prises comme références d’orientation pour la mise en articulateur.
L’utilisation d’un arc facial et d’un articulateur semi-adaptable sont souvent recommandées.
Il est important que le montage sur articulateur soit réalisé au cabinet dentaire pour permettre au praticien :
Ø de graver les lignes de références faciales sur le socle du modèle maxillaire : l’axe sagittal médian ou repère du point interincisif et la parallèle à la ligne bipupillaire ;
Ø de graver les repères de l’axe d’insertion en cas de prothèse amovible partielle métallique ;
Ø de faire le tracé des plaques métalliques.
La fiche de liaison
Elle est envoyée au laboratoire à chaque stade de l’élaboration prothétique. Etant le deuxième vecteur d’information, elle indique la nature des actes à effectuer et la qualité des matériaux à employer. En outre, elle précise les informations propres au cas clinique et les dates des livraisons.
L’apposition du cachet de chaque intervenant est souhaitable et l’adoption d’une terminologie est nécessaire.
A ce propos, une fiche de liaison type a été conçue, en 1998, en France, par l’ordre des chirurgiens dentistes et cinq organisations professionnelles. Elle permet de constituer un fichier de traçabilité des prothèses dentaires ou dispositifs médicaux sur mesure. Ce document simple et fiable permettra aux chirurgiens dentistes de faire face aux obligations qui découlent des mesures réglementaires.
Photographies intrabuccales et imagerie vidéo par ordinateur
Elles permettent de sensibiliser le prothésiste aux besoins du patient et lui donner une idée plus précise du volume et de la forme que les modèles d’étude. Elles ne sont pas valables pour apprécier la répartition de la teinte et les effets colorimétriques spéciaux.
L’imagerie vidéo par ordinateur permet au praticien de communiquer au prothésiste le résultat escompté du traitement.
Pour le laboratoire de prothèse, l’imagerie par ordinateur peut remplacer les cires de diagnostic ou servir de complément selon le contexte clinique. Les couleurs des dents naturelles et des tissus mous améliorent la perception des formes par rapport à ce qu’elle est avec le modèle en plâtre ou les couronnes en résine.
Pr. N. MERZOUK
Professeur de l’enseignement supérieur en prothèse adjointe